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RouletteGUIDE

Labouchère à la roulette : une séquence qui organise les mises

La méthode Labouchère écrit un objectif en unités sous la forme d’une suite. À chaque tour, la mise est égale à la somme du premier et du dernier nombre. Après un gain, ces deux nombres sont barrés ; après une perte, le montant joué est ajouté à la fin de la séquence.

Cette mécanique se prête à une chance simple, qui paie 1 pour 1. Elle ne prédit pas le prochain résultat, ne neutralise pas le zéro et n’améliore pas l’espérance. Le comparatif des stratégies de roulette permet de la situer face aux progressions plus connues.

Comment fonctionne le système Labouchère à la roulette ?

Labouchère est aussi appelée méthode d’annulation. Le joueur écrit une liste de petites unités dont la somme correspond au gain visé. Une suite 1, 2, 3, 4 vise 10 unités, puisqu’elle totalise 1 + 2 + 3 + 4.

La mise ne correspond pas à toute la somme restante. Elle additionne seulement les deux extrémités. Au départ de 1, 2, 3, 4, la mise est 1 + 4 = 5 unités. Si la liste ne contient plus qu’un nombre, ce nombre devient la mise. Une liste vide marque la fin de la série.

Résultat du tourAction sur la séquenceExemple avec 1, 2, 3, 4
Gain sur une chance simpleBarrer le premier et le dernier nombre1, 2, 3, 4 devient 2, 3
Perte sur une chance simpleAjouter la mise à la finAprès une mise de 5, la liste devient 1, 2, 3, 4, 5
Un seul nombre restantJouer ce nombre seul3 devient une mise de 3
Liste videArrêt de la séquenceL’objectif de départ a été comptabilisé

Le système est cohérent seulement si la mise est placée sur un pari dont un gain rapporte exactement la mise en bénéfice, comme rouge/noir, pair/impair, manque/passe ou une douzaine adaptée avec une règle différente. L’exemple standard ci-dessous reste sur une chance simple.

Séquence Labouchère : la mise est la somme du premier et du dernier terme

Le découpage initial change le parcours, pas l’objectif arithmétique. Les listes 1, 2, 3, 4 et 5, 5 totalisent toutes 10 unités, mais leur première mise est respectivement de 5 et 10 unités. Une liste plus longue permet une première mise plus basse, au prix de davantage d’étapes à annuler.

Séquence de départSomme viséePremière miseAprès une première perte
1, 1, 1, 1, 15 unités2 unités1, 1, 1, 1, 1, 2 ; mise suivante 3
1, 2, 3, 410 unités5 unités1, 2, 3, 4, 5 ; mise suivante 6
2, 2, 2, 28 unités4 unités2, 2, 2, 2, 4 ; mise suivante 6
5, 510 unités10 unités5, 5, 10 ; mise suivante 15

Ajouter le montant perdu n’est pas un détail de notation. Cette nouvelle valeur représente la perte à compenser dans le calcul de la liste. Sur une chance simple, chaque valeur finalement barrée par un gain devient un bénéfice équivalent à cette valeur.

Le système ne donne pas une cadence fixe. Deux séquences ayant la même somme initiale peuvent produire des mises très différentes après quelques pertes. C’est la raison de noter chaque tour, plutôt que de se fier à un objectif annoncé au début.

Exemple de Labouchère avec la suite 1-2-3-4

Voici une séquence complète sur rouge, avec une unité de 1 €. Le scénario est choisi pour montrer les règles, pas pour représenter un test ni une fréquence attendue. La suite initiale vaut 10 unités et les résultats sont perte, gain, gain, gain.

TourListe avant le tourMiseRésultatListe après le tourSolde cumulé
11, 2, 3, 41 + 4 = 5 €Perte1, 2, 3, 4, 5−5 €
21, 2, 3, 4, 51 + 5 = 6 €Gain2, 3, 4+1 €
32, 3, 42 + 4 = 6 €Gain3+7 €
433 €GainListe vide+10 €

Le gain final de 10 € n’est pas obtenu parce que les gains « remboursent » automatiquement les pertes. Il découle de la règle d’annulation : la perte de 5 a été ajoutée à la liste, puis les gains de 6, 6 et 3 ont retiré successivement des extrémités dont la somme est 15. Le bilan est −5 + 6 + 6 + 3 = +10.

Un invariant explique ce résultat quand la liste finit vide. Après chaque tour, le solde cumulé plus la somme des nombres encore écrits reste égal à la somme initiale. Une perte réduit le solde et ajoute le même montant à la liste ; un gain augmente le solde et retire ce même montant. Cette propriété ne protège pas contre une liste qui s’allonge.

Pertes avec Labouchère : capital requis et limite de table

Après une perte, la mise suivante augmente souvent, car le premier nombre reste dans la liste tandis que le dernier est le montant perdu. Avec la suite 1, 2, 3, 4, des pertes consécutives conduisent aux mises 5, 6, 7, 8, 9, 10, puis 11 unités.

Nombre de pertes d’affiléeMise perdue au tourPerte cumuléeMise suivante
15 unités5 unités6 unités
26 unités11 unités7 unités
37 unités18 unités8 unités
48 unités26 unités9 unités
59 unités35 unités10 unités
610 unités45 unités11 unités

Le montant de la prochaine mise n’indique pas tout le risque : la perte cumulée doit aussi être supportée. Une limite maximale peut empêcher le placement du prochain pari ; un budget limité peut conduire à arrêter avant. Dans les deux cas, la séquence reste inachevée et l’objectif initial n’a aucune portée automatique.

Vérifiez la table avant de commencer : mise minimale, mise maximale, règle appliquée au zéro et plafond du pari choisi déterminent les paliers accessibles. Une unité raisonnable se choisit par rapport à la perte cumulée possible, pas seulement à la première mise.

Labouchère inversée : faire grandir la séquence après un gain

La Labouchère inversée applique les règles dans l’autre sens. Après un gain, le montant joué est ajouté à la fin de la liste ; après une perte, le premier et le dernier nombre sont retirés. Elle cherche à prolonger une série favorable au lieu d’effacer une série défavorable.

Avec 1, 2, 3, 4, la première mise reste 5 unités. Un gain donne une liste 1, 2, 3, 4, 5, puis une mise suivante de 6. Une perte au tour suivant barre les extrémités et laisse 2, 3, 4. Cette variante peut faire croître les mises après plusieurs gains, au moment où le montant déjà exposé augmente.

VersionAprès un gainAprès une perteRisque mis en avant
Labouchère classiqueBarrer les extrémitésAjouter la miseSuite de pertes qui allonge la liste
Labouchère inverséeAjouter la miseBarrer les extrémitésSuite de gains qui augmente les mises

Aucune des deux versions ne crée une probabilité supplémentaire de gagner le prochain tour. Elles déplacent seulement le moment où les mises deviennent importantes. La version classique n’est pas « prudente » par nature, et l’inversée n’est pas une assurance contre une perte après plusieurs gains.

Labouchère ne modifie pas l’avantage de la roulette

Sur une roulette européenne standard, une chance simple gagne sur 18 numéros et perd sur 19, dont le zéro. Chaque nouvelle mise conserve l’avantage théorique de la roue. La série des résultats précédents change la taille du prochain pari Labouchère, pas les probabilités du prochain tour.

La méthode est parfois comparée à la martingale. La martingale double après une perte ; Labouchère ajoute le montant perdu à une liste et sa croissance dépend de la séquence. Ce ne sont pas les mêmes mises, mais les deux systèmes exposent davantage de capital après des tours défavorables.

La roulette française peut réduire l’avantage sur les chances simples avec La Partage ou En Prison. Cette règle concerne le zéro et n’efface pas le risque de série. Pour les calculs de probabilité, consultez les probabilités de la roulette.